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Journaliste radio le média de l’IMMEDIAT/Les dessous de l’info

Mis à jour : 2 oct. 2019


La radio, c’est le média de l’IMMEDIAT ! Il faut être réactif car avec un micro et un « nagra », l’appareil qui enregistre les interviews, le journaliste radio peut travailler très vite et rendre compte de l’actualité quasiment en temps réel. Etre journaliste présentateur en radio le matin : quelle journée type ?


J’ai été journaliste pendant 20 ans en radio, presse écrite puis à TF1 et France 2. J’ai commencé ma carrière en radio à Nostalgie, Voltage fm et Radio France tout en poursuivant mes études. J’ai présenté les journaux du matin, du midi et de 18h mais aussi réalisé de nombreux reportages.

Tous ces postes sont très différents, mais ils ont un point commun: l’immédiateté.

Dans cet article: coup de projecteur sur le matinalier.

Le matinalier est celui qui présente les journaux du matin de la tranche 6H/9H. La tranche la plus écoutée en radio. Faut-il le rappeler ? Le présentateur est un JOURNALISTE ! C'est lui écrit écrit ses textes en fonction des éléments laissés par ses collègues et il a bien entendu son mot à dire sur le choix des sujets et leur classement dans ses journaux.

Il se lève à 2 heures du matin et croise les noctambules qui rentrent se coucher. Les plus rapides peuvent mettre le réveil à 3 heures mais ils vont devoir travailler très vite, car la tranche du matin est ultra rythmée et consacrée à l’info.


Première mission du matinalier: s’informer de ce qui s’est passé dans le monde pendant la nuit. Il épluche la presse nationale et internationale et les dépêche AFP, Reuter…

Lorsqu’il a un aperçu global de l’actualité mondiale, il consulte les interviews, papiers (articles rédigés et enregistrés la veille par ses collègues journalistes,) et brèves (infos qui ne nécessitent pas d’être développées).


Si un évènement s’est déroulé durant la nuit, ou si la presse concurrente sort un « scoop », il peut réveiller un collègue journaliste pour que ce dernier parte sur le terrain et fasse un compte rendu en direct dans le journal de 7H par téléphone, ou bien pour qu’il vienne en studio donner son éclairage.

Ensuite, il prépare son « conducteur », c’est à dire qu’il organise le contenu de son journal avec les titres, une ouverture (le sujet le plus important) puis les autres thèmes abordés. Le conducteur est très important pour le technicien qui va le suivre à la lettre et saura quand il devra envoyer une interview. Dans cette tâche, il sera aidé par le matinalier qui lui fera également un signe de la main à chaque fois qu’il devra lancer ce que l’on appelle un son.

Cette étape est très importante puisque le présentateur va répartir toutes les informations dans ses gros journaux de 6H, 7H, 8H de manière à les équilibrer pour que les auditeurs n’entendent pas la même chose à chaque heure. Certaines informations seront donc développées à 6H mais pas à 7H et le seront à nouveau à 8H.


Puis il va hiérarchiser les informations. En d’autres termes, comme pour un repas, il va mettre une entrée (l’info la plus importante), le plat (l’info la plus consistante), des brèves (les entremets) puis le dessert (l’info la plus légère).

Vient ensuite la rédaction de ses lancements (textes lus qui introduisent les interviews et les sons). Il doivent être courts, accrocheurs et clairs.




5H59🎤: le matinalier se rend dans le studio. Le micro rouge est allumé, il prend l’antenne et présente son journal.


En sortant, il consulte à nouveau les dépêches AFP et écoute les radios concurrentes pour ajuster son journal si cela est nécéssaire. Dans certaines radios, il peut retourner à l’antenne tous les 1/4 d’heure pour rappeler les titres de ses journaux.


La matinée se déroule ainsi jusqu’à 9H05, fin de la tranche 6H/9H. Ses collègues sont déjà arrivés.

9H05 : tout le monde se rend en conférence de rédaction.


C’est ici que seront choisis les sujets traités dans la journée, du soir puis ceux du lendemain matin. Tous les chefs de services et reporters sont présents. Il proposent des sujets et des angles (cf article sur le blog : choix d’un angle) en fonction de l’actualité. Certains seront acceptés, d’autres refusés et d’autres encore imposés.


La conférence de rédaction s’achève aux alentours de 10H.


Le matinalier, qui en est au moins à sont 10ème café, commence à piquer du nez mais il reste à son bureau pour se documenter sur l’actualité du jour et celle du lendemain.

Celle du lendemain ? Comment la connaître me direz-vous ? Il y a ce que l’on appelle dans le semainier des « marronniers ». Vous savez, ces sujets qui reviennent tous les ans… Le bac, le brevet des collèges, l’université d’été de tel parti politique, le manque de neige dans les stations de ski, l’été à la plage…

Le présentateur a déjà une idée de ce que sera « l’actu » de demain.


Sur certaines radios, le matinalier doit également participer à l’interview de l’invité du matin. Il doit donc le connaître parfaitement pour poser des questions judicieuses et pertinentes qui collent à l’actualité. Cela nécessite encore du travail. Jusqu’à environ midi.


12H : il est l’heure de déjeuner sur le pouce, puis de se coucher pour se réveiller vers 16H

et à nouveau s’informer de l’actualité. Car en 4 heures le monde a bougé et il s’est passé plein de choses. C’est « l’actu chaude ».

17H: coup de fil au rédacteur (trice) en chef qui l’informe des évolutions de l’actualité et des choix faits pendant son absence).


17H30/22H : petit moment en famille… accessoirement…

22H : coucher 🥵

2H : lever 👀

Et c’est reparti pour une matinée 😀



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